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Découverte de Reims

La ville témoin de l'histoire

 

Reims est située dans la partie est du bassin parisien en Champagne crayeuse. A son emplacement, le long de la rivière la Vesle, se trouvait dans l'antiquité un oppidum nommé Durocorter habité par la tribu belge des Rèmes. Leur ralliement à César sera l'opportunité de la transformation de la cité : l'édification de l'habitat continuera encore à faire appel aux techniques de construction habituelle à la région (maisons en bois, torchis) mais sous le règne de Tibère, un réseau de voirie organisé en carroyage régulier structure la ville devenue depuis Auguste, capitale de la province romaine impériale de Belgique.
A la fin du IIème siècle, de grands monuments sont construits sur les modèles romains : centre administratif, carrefour économique, Reims a une population de 30 000 habitants. A u moment des invasions barbares la cité se replie dans une enceinte ovoïde, au cœur de laquelle se succéderont plusieurs cathédrales alors que les premiers sanctuaires s'étaient implantés plus au sud dès la christianisation au milieu du IIIème siècle, là même où sera enterré en 533, l'évêque Remi personnage illustre pour avoir baptisé Clovis.
La ville se développe au Moyen Age : de nombreux couvents et abbayes s'installent entre la cathédrale reconstruite à partir de 1211 et l'ensemble abbatial de Saint-Remi : il faudra attendre le milieu du XIVème siècle pour qu'un rempart encercle l'ensemble de la cité. La Renaissance et l'époque classique embellissent la ville : hôtel particuliers sur cour (Hôtel le Vergeur), plan d'urbanisme (dont la place Royale) retraçant des rues orthogonales comme dans l'antiquité. L'éclairage public et la distribution en eau furent perfectionnés tout au long du XVIIIème siècle.
La Révolution fera disparaître une trentaine d'édifices religieux et fera de la ville des sacres une sous-préfecture. Au cours du XIXème siècle la population va presque quadrupler et la ville, en plus du commerce du champagne, s'industrialise (textile). L'enceinte médiévale est abattue et les récents moyens de communication (canal, chemin de fer) modifient le paysage urbain. Beaucoup de maisons à pans de bois, habitat traditionnel, sont détruites. De riches hôtels particuliers s'élèvent le long des boulevards.
Après les quatre années de destruction due à la première Guerre mondiale la ville est reconstruite sur les plans de l'américain G. Ford : le maillage orthogonal est repris, deux grandes voies radiales tracées, mais les cités-jardins prévues en périphérie ne seront pas toutes construites. Si les années 1950 resserrent le périmètre de l'agglomération, l'urbanisme devient expansionniste à partir de 1960 avec une première génération de grands ensembles dans des nouveaux quartiers qui font l'objet aujourd'hui de réhabilitation voire pour certains de transformations radicales.
En centre ville est mené actuellement un projet pour l'aménagement du parvis de la cathédrale. Le dynamisme actuel de Reims s'appuie sur sa renommée : elle demeure la ville témoin du sacre des rois de France et la ville emblématique du champagne. A l'intersection des autoroutes A4, A26 et A34, Reims sera desservie dès juin 2007 par le TGV Est qui la mettra à 45 minutes de Paris. Avec près de 200 000 habitants Reims concentre une activité économique variée avec, en plus du champagne et de l'agriculture, le secteur tertiaire en plein développement et les technologies innovatrices (Reims technopole).

 


Reims, métropole de l’Empire romain


Les fouilles archéologiques, menées depuis une vingtaine d’années à Reims,  prouvent que la ville était une cité majeure de l’Empire romain. François Berthelot et ses collègues archéologues ont même fait admettre l’idée que Reims était probablement la plus grande surface urbanisée de l’Empire après Rome.

Les Rémois peuvent se vanter d’avoir sous leurs pieds l’un des plus importants patrimoines de l’Empire romain. Pourtant, malgré les efforts des archéologues de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Champagne-Ardenne, cette réalité historique peine à être admise du grand public. D’ailleurs, l’idée que Durocortorum disposait de la plus vaste surface urbanisée de tout l’Empire, après Rome, n’a été admise que récemment par la communauté scientifique. Pourtant, c’est un fait, d’après les études des archéologues, Reims au II e siècle après J-C, s’étendait sur près de 600 hectares.

 

 

Reims a les faveurs de Rome


Comment expliquer l’ampleur de cette superficie alors qu’à la même période, Lyon, pourtant une ville  romaine de première importance, ne dépassait pas les 150 hectares ? D’abord, Reims était le centre du pouvoir de la tribu des Rèmes. L’épigraphie (étude des textes anciens) fait référence à plusieurs reprises à ce peuple gaulois. Jules César, dans la Guerre des Gaules, mentionne ce peuple et s’étonne des proportions colossales de leur oppidum. Celui-ci s’étendait sur 80 hectares, une surface qui, à peu de choses près, correspondait à l’hyper centre-ville actuel. Cet oppidum était entouré de remparts en terre et d’un large fossé de 5 à 7 mètres de profondeur. Les Rèmes, rivaux d’autres tribus gauloises implantées à Soissons et Châlons-en-Champagne, ont certainement vu dans les velléités de conquête du jeune Jules   César un moyen d’affirmer leur puissance localement. Les Rèmes furent ainsi les plus fidèles alliés des Romains. La conquête achevée, en guise de récompense, le Sénat romain leur accorda le statut de peuple fédéré. Un statut qui octroyait aux bénéficiaires une relative autonomie et des faveurs fiscales. L’empereur Auguste, vers 28 av J-C, réorganise son Empire et fait de Reims la capitale de la Gaule Belgique. Une  immense et généreuse province qui comprenait alors tout le Nord et l’Est de l’actuelle France, l’Ouest de l’Allemagne, la Hollande et la Belgique. «La civilisation romaine fut une civilisation très urbaine. Toute la province s’organisait alors autour d’un pôle urbain » explique François Berthelot, archéologue à la Drac.

 

 

Une expansion fulgurante


Le nouveau statut de la ville provoque évidemment des bouleversements. La ville s’enrichit d’une nouvelle population venant du monde rural environnant et sans doute d’une population de citoyens romains en quête d’un avenir dans une capitale de province. Dans le dernier demi-siècle avant notre ère, un premier   plan d’urbanisme voit le jour avec un quadrillage en rues à angle droit de l’ancien oppidum gaulois. Sous l’impulsion d’Auguste, la surface urbanisée de Reims explose littéralement, passant en moins d’un siècle de 80 hectares à 600 hectares. La poussée de l’urbanisme est tellement forte que l’on commence à construire  sur des terres pourtant peu propices aux constructions, à proximité par exemple de l’ancien fossé gaulois ou sur des terrains inondables proches de la Vesle. Mais à quoi pouvait ressembler Reims au premier siècle ? « Sans doute à un ensemble assez hétéroclite composé de maisons faites de torchis et de bois, et de Domus (riches demeures) appartenant à des citadins fortunés. Celles-ci étaient plus rares du fait de l’éloignement des carrières de pierres », conjecture François Berthelot. « Il est probable aussi que Reims était le lieu d’une intense vie artisanale. »

 


Une cité aux dimensions monumentales


Durant les II e et III e siècles, l’Empire jouit d’une relative période de calme. Cette Pax Romana va procurer à Reims un développement de ses bâtiments monumentaux. Le travail et les découvertes des archéologues
depuis une vingtaine d’années, montrent les dimensions colossales des édifices gallo-romains.
• D’abord, il y a la fameuse Porte Mars, plus grand arc connu du monde romain. Il faut se la figurer avec un  décor situé sur un étage supérieur aujourd’hui disparu. Cette porte marque symboliquement l’une des
entrées de la cité mais, selon toute vraisemblance, elle ne matérialisait pas la fin ou le commencement de la ville, puisque celle-ci, aux IIe et III e siècles, s’étendait largement vers l’actuelle avenue de Laon.
• Le forum constituait le centre administratif, politique et religieux de la Cité. Il s’étendait en forme de U de la place Royale à la place du Forum actuelles. A l’extrémité du forum, sous la sous-préfecture, devait être installée la Curie (centre administratif  et politique de la ville). Le forum devait servir également de centre  commercial de la cité. Le Cryptoportique, dont les vestiges sont encore incroyablement conservés, ne représentait qu’une petite partie du forum et devait servir  de lieu de stockage de biens consommables ou de lieu destiné au commerce. Assurément, ce forum est le plus vaste de toute l’Europe du nord.
• Les thermes se situaient en partie sous l’emplacement actuel de la cathédrale. Fouillés épisodiquement, les archéologues savent aujourd’hui qu’il s’étendait sur plus d’un hectare. « Rien d’étonnant à cela »,
explique François Berthelot, « l’étendue des thermes est fonction de l’ampleur de la ville. D’ailleurs, il existait peut-être des thermes à d’autres endroits de la ville ». Ces thermes disposaient de plusieurs bassins de températures variables et bénéficiaient d’un système de chauffage très élaboré.
• Les différents chantiers de fouilles ont aussi montré les dimensions importantes  des rues. « Nous avons deux catégories de rues, celles de 14,5 m de largeur et des  axes plus importants qui font jusqu’à 17 m
de largeur. Il s’agit-là de dimensions importantes ». Les fouilles menées rue de l’Equerre ont permis aux archéologues de suivre le tracé d’une des voies centrales de la cité. « Celle-ci s’étend sur 2,6 km de
long. C’est la plus longue rue connue de l’Empire. Même dans les cités orientales on n’a pas de dimensions identiques. » Les archéologues n’ont pas fini de faire la lumière sur l’incroyable passé gallo-romain de la ville. Reims, avant de sacrer les rois, faisait parler d’elle dans tout l’Empire romain.

 

 

Présence des Russes en 1916


Les 1ère et 3e Brigades Spéciales Russes ont combattu dans notre région à partir de 1916. Parmi les témoins de cette époque, René Dubuc réalisa une quarantaine de caricatures de ces militaires. Elles seront exposées du 16 septembre au 29 octobre au Fort de la Pompelle.

29 avril 1916. Marseille. La 1ère Brigade Spéciale Russe débarque sur notre territoire au terme d’un périple de deux mois et demi à travers la Mer de Chine, l’Océan Indien, la Mer Rouge, le canal de Suez et la Méditerranée, parcourus à bord de deux navires français, le “Latouche-Tréville” et “L’Himalaya”. Cette Brigade est l’une des quatre envoyées sur le front occidental. Une décision prise après la visite en décembre 1915 du sénateur français Paul Doumer dans la Russie du Tsar Nicolas II. Les 1ère et 3e Brigades combattront en France.

Entraînée au Camp de Mailly, équipée et armée par la France
De Marseille, la 1ère Brigade Spéciale Russe est dirigée sur le camp de Mailly dépendant de la IVè armée française du Général Gouraud. Entraînée sur place, équipée et armée par la France, elle monte en première ligne dès juillet 1916, occupant les tranchées du sous-secteur d’Aubérive avec le Fort de la Pompelle. Elle occupera également le secteur de Ludes, participera à l’offensive du Général Nivelle sur le Chemin des Dames et se fera remarquer dans l’attaque de Courcy. Quant à la 3e Brigade Spéciale Russe, elle relève la 1ère  en octobre 1916 avant d’être notamment employée en réserve de l’offensive Nivelle. Parmi les témoins de la présence russe sur le front, l’écrivain Jean Giono, soldat au sud de Reims durant l’hiver 1916-1917. En souvenir de cette Période, il rédigea une nouvelle intitulée Ivan Ivanovitch Kossiakoff  (in Solitude de la pitié, Ed. Gallimard, 1992). Ou encore Marcel Mardon, jeune officier affecté dans le secteur de Reims, qui  relate l’arrivée des troupes russes en ces termes : « Le soldat russe est courageux mais manque d’initiative. Les officiers sont presque tous des noceurs. Repas pantagruéliques noyés dans les alcools. Ils passent leurs nuits à jouer aux cartes, y perdent leur solde qui est d’ailleurs Fantastique…»

40 caricatures exposées au Fort de la Pompelle
René Dubuc, outre ses qualités de médecin, possédait un réel talent pour le dessin et la caricature. Il a réalisé une quarantaine de caricatures de ses frères d’armes russes, du simple soldat au général, chacune assortie d’un commentaire humoristique. Ces précieux témoignages du quotidien de la 1ère  Brigade furent exécutées sur le vif en 1917 lorsque l’ambulance chirurgicale automobile russe n 2 était installée à Ludes. L’exposition, présentée à partir du 16 septembre au musée du Fort de la Pompelle à l’occasion des Journées du Patrimoine (entrée gratuite), le sera jusqu’au 29 octobre. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 11 h à 18 h (semaine) et de 11 h à 19 h (week-ends et jours fériés). Commissaire de l’exposition : Marc Bouxin.

 

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En savoir plus

> Le musée Saint-Remi

dispose d’une galerie

entièrement consacrée

à l’archéologie.

Pour plus de renseignements, contacter le musée au 03.26.85.23.36.

 

> La médiathèque Cathédrale

dispose d’une exposition

permanente sur les fouilles

archéologiques et le

patrimoine gallo-romain

à Reims.


> La société archéologique

champenoise a édité un

ouvrage sur Reims et son

enceinte du Ive siècle.
Renseignements: 06.32.13.52.60.